Retour aux sources et pain délicieux au Moulin des Jésuites

J’ai déjà eu une machine à pain. Non, deux. Des appareils volumineux dans lesquels j’empilais quelques ingrédients dans un ordre préétabli. Ce qui en ressortait trois heures plus tard était magique, et épatait à coup sûr la galerie. Un minimum de travail pour un résultat maximal, j’aime ça. Le seul problème : la durée de vie moindre de mes appareils : quinze mois chacun, avant de prendre le triste chemin de l’écocentre. J’ai toujours pensé faire honneur à l’environnement en allant porter mes électroménagers hors d’usage à l’écocentre. Force est d’admettre que le mieux est de minimiser mes achats de bébelles qui finissent toujours par rendre l’âme trop vite. Rien de mieux qu’un cours de confection de pain à l’ancienne avec mon cadet pour commencer à mettre la main à la pâte. De cette façon, les outils ne prennent pas le chemin de la poubelle : deux mains, de la patience, et un peu de savoir-faire !

Aussitôt que nous sommes sortis de l’auto, l’odeur du pain s’est frayé un chemin jusqu’à nos narines. Le four à pain ancestral situé au grand air était encore brûlant alors qu’une dame habillée en robe d’époque en sortait une miche dorée sur la pelle à défourner. Un peu plus loin, une consœur nous accueillait chaleureusement à l’entrée du Moulin des Jésuites, un véritable monument au cœur du Trait-Carré, au coin du Boulevard Henri-Bourassa et du Boulevard Louis-XIV. Retour 275 ans en arrière.

L’activité de juillet au Moulin des Jésuites : « Mettez la main à la pâte »

D’une durée d’un peu plus d’une heure, l’activité comprend l’apprentissage de la confection de la miche, une dégustation, — beurre et confitures inclus ! —, et surtout, l’explication du fonctionnement d’un moulin, indispensable à l’époque et qui permettait de nourrir tout le monde. Une miche complète nourrissait une personne pendant une journée dans ce temps (ce qui me fait croire que j’aurais eu un bonheur fou à vivre dans ce temps-là, à manger sans culpabilité autant de pain).

Installée devant un modèle réduit de moulin, la dame d’époque a démythifié le fonctionnement de la meule qui broyait le grain de blé sous la force de l’eau, processus au bout duquel un tamis rejetait trois produits :

  • La farine blanche, figure pauvre du grain, mais qui, dû à sa légèreté, séduisait les riches et leur était réservée
  • La farine de blé, qui contient autant le germe et le son, passait dans un tamis au grillage moins fin et nourrissait (de façon plus convenable) les pauvres
  • Finalement, et non le moindre, le son qui n’était pas passé aux deux premières étapes du triage, se retrouvait en troisième classe, petit dernier réduit à nourrir les bêtes (des bêtes nourries au son, il y a pire aujourd’hui)

Une fois la partie théorique terminée, tous étaient invités à passer au troisième étage du vieux bâtiment pour réaliser la boule de pâte qui prendrait par la suite deux heures à lever (un pétrissage est nécessaire à mi-chemin) avant d’enfourner une trentaine de minutes à la maison. Mon fils n’a jamais voulu pétrir la pâte qui colle aux doigts, mais a eu un plaisir fou à déguster le fruit de notre travail. Depuis, c’est ce pain qui nous nourrit avec bonheur. Pour combien de temps ? Nul ne le sait, mais pour l’instant, l’appel de la machine à pain ne se fait pas entendre…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s